Quarante points encaissés à Lyon, quarante-six à Bayonne : les deux premières sorties clermontoises représentent 86 points concédés. Les scénarios diffèrent pourtant. La défaite 40-36 contre le LOU avait laissé entrevoir des ressources offensives, récompensées par un bonus défensif. À Jean-Dauger, Clermont repart sans point, après avoir brièvement retrouvé une possibilité de gagner. Dans les deux cas, les bonnes séquences n’ont pas compensé les mauvaises.
Le début de match bayonnais ne raconte pas une équipe clermontoise immédiatement dépassée. L’ASM tient le ballon, mais exploite mal ses occasions. Bayonne transforme ensuite ses opportunités, puis frappe trois fois en sept minutes autour de la demi-heure. Capilla, Du Preez et Tilloles creusent l’écart, avec notamment deux contre-attaques qui sanctionnent le déséquilibre auvergnat.
Cette séquence est plus préoccupante que le seul score final. Clermont peut installer son jeu sans parvenir à se protéger lorsque la possession change de camp. À l’extérieur, ces ballons rendus deviennent particulièrement coûteux : ils permettent à l’adversaire de marquer rapidement et de reprendre confiance devant son public.
« J’ai trouvé qu’on avait manqué d’engagement, de précision, de volonté aussi », a estimé Christophe Urios, dans des propos rapportés par Radio RVA. Le manager évoque des défaillances mentales, en pointant notamment la pression défensive insuffisante. C’est son diagnostic après la rencontre ; il souligne surtout que les corrections attendues concernent aussi l’attitude collective, au-delà des gestes techniques.
L’ASM a néanmoins montré une capacité de réaction. Menée 27-10 à la pause, elle revient à 27-24 grâce aux essais d’Anthime Hemery puis de Justin Bouraux, après celui d’Harry Plummer avant les vestiaires. Le match redevient ouvert. L’exclusion de Marcos Kremer pour un plaquage dangereux sur Du Preez compromet alors cette remontée.
La situation se détériore encore avec la blessure de Kévin Noah, alors que Christophe Urios a déjà utilisé son banc. Clermont termine à treize et Bayonne porte finalement son total à sept essais. Cette infériorité numérique explique une partie de l’écart final. Elle ne fait cependant pas disparaître les difficultés apparues bien avant le carton rouge.
Il serait donc réducteur d’attribuer toute la défaite à l’indiscipline d’un joueur. Mais il serait tout aussi trompeur de présenter cette rencontre comme une domination bayonnaise ininterrompue. Clermont avait retrouvé des moyens de rivaliser ; il n’a pas su préserver cette possibilité jusqu’au bout.
La comparaison avec la victoire 25-16 contre le Stade Français et le réveil après la pause permet de préciser le problème. Le 12 septembre, au Michelin, l’ASM avait également connu une première période laborieuse. Mais son retard se limitait à trois points, 6-3. L’augmentation de l’intensité et l’apport des remplaçants avaient ensuite permis de prendre durablement l’avantage.
À Lyon comme à Bayonne, Clermont s’est imposé une remontée autrement plus exigeante. Le premier déplacement avait même vu les Auvergnats compter jusqu’à 27 points de retard avant leur retour. Ce début de saison révèle ainsi une équipe capable d’accélérations, mais qui laisse encore trop souvent l’adversaire construire une avance importante.
L’opposition entre une ASM conquérante à domicile et impuissante en voyage mérite donc d’être nuancée. Même contre Paris, tout n’avait pas fonctionné d’emblée. La différence tient aussi à la capacité à rester suffisamment proche au score pour que le réveil débouche sur une victoire.
La question de la continuité posée avant le déplacement à Bayonne reste entière. Après trois journées, annoncer une saison condamnée serait prématuré. En revanche, attendre systématiquement une réaction spectaculaire laisse trop peu de marge face à des adversaires capables de punir rapidement les erreurs.
Le prochain rendez-vous est fixé au samedi 26 septembre à 16 h 35, avec la réception du Castres Olympique au stade Marcel-Michelin. Pour les supporters clermontois, le résultat comptera, mais la manière permettra aussi de mesurer les corrections : limiter les occasions offertes, conserver une discipline collective et maintenir l’intensité sans attendre de courir après le score. Une nouvelle victoire à domicile serait utile ; la solidité en déplacement reste à construire.

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