Une fourche de chêne, des baies de sureau rouge, des fougères : chez NILS-UDO, les éléments naturels fournissent la matière de la création. L’exposition clermontoise réunit une dizaine de photographies réalisées des années 1970 à aujourd’hui, ainsi que des peintures récentes, datées de 2021 à 2026. Elle permet de découvrir plusieurs expressions d’un même travail, conduit au contact du vivant.
Né en Bavière en 1937, NILS-UDO commence par peindre. Dans un entretien publié par l’Académie des beaux-arts, il situe en 1972 le changement décisif de sa pratique : il abandonne alors la peinture pour travailler directement dehors, avec les éléments trouvés sur place. Il façonne la terre, plante des arbres, des arbustes et des fleurs.
Cette approche suppose d’abord de parcourir un territoire et d’en observer les caractéristiques. L’installation naît de cette rencontre avec un lieu. Beaucoup de ses créations évoluent ensuite sous l’effet de la pluie, du vent et des saisons, jusqu’à parfois disparaître. Leur transformation fait partie de l’expérience artistique.
Le nid devient l’une des formes récurrentes de son œuvre à partir de 1978. Refuge, abri, construction végétale : ce motif lui permet d’explorer différentes manières d’habiter un paysage, à des échelles et dans des environnements variés.
L’exposition pose ainsi une question simple : que voit-on, dans une galerie, d’une œuvre créée en pleine nature ? Une photographie permet de découvrir une installation éloignée, transformée ou disparue. Elle conserve un état particulier de la création, à un moment choisi.
Mais NILS-UDO considère également chaque photographie comme une œuvre autonome. Le cadrage, la lumière et l’instant retenu déterminent ce que le spectateur découvre. Les tirages sont numérotés et réalisés en éditions limitées : l’image possède sa propre existence artistique, au-delà du souvenir de l’intervention dans le paysage.
La peinture occupe aussi une place importante dans le parcours présenté à Clermont. Dans ses huiles sur toile récentes, les silhouettes, les reflets, les ombres et les masses colorées conduisent vers l’abstraction. Le paysage reste le point de départ, tandis que les formes s’en éloignent progressivement.
Ce rapprochement entre création et attention au vivant trouve un écho dans d’autres propositions clermontoises, comme le travail de Recycl’art Auvergne autour de la biodiversité locale. Avec Nostrà Natura, l’association mobilise le street art et le réemploi pour sensibiliser aux espèces du territoire. L’exposition de NILS-UDO permet d’aborder cette relation à l’environnement à travers une autre histoire artistique.
Le rendez-vous dépasse les murs de la galerie. Claire Gastaud annonce également « Mon nid d’Auvergne », une installation au château de la Bâtisse, à Chanonat. Une visite sur rendez-vous est proposée samedi 26 septembre à 10 h 30, en contactant la galerie à l’adresse galerie@claire-gastaud.com.
À Clermont-Ferrand, l’exposition se visite au 5-7 rue du Terrail. La galerie indique une ouverture le mardi de 9 heures à midi et de 14 à 19 heures, du mercredi au vendredi de 10 heures à midi et de 14 à 19 heures, ainsi que le samedi de 11 heures à midi et de 14 à 19 heures. Renseignements au 04 73 92 07 97.

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