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Julien Bony avait promis d’être maire à temps plein : cinq mois après, qu’est-ce que ça change à Clermont-Ferrand ?

Pendant la campagne municipale, Julien Bony avait fait du « maire à temps plein » un marqueur de sa candidature, associant cette promesse à une présence constante sur le terrain et au refus de cumuler la mairie avec la présidence de Clermont Auvergne Métropole. Cinq mois après son élection, sa présence dans plusieurs dossiers est visible, mais son emploi du temps reste difficile à mesurer précisément et son rôle de premier vice-président de la Métropole oblige à nuancer l’engagement initial.

La rédaction24 août 2026
Julien Bony avait promis d’être maire à temps plein : cinq mois après, qu’est-ce que ça change à Clermont-Ferrand ?

Élu le 22 mars 2026 avec 50,91 % des suffrages exprimés, Julien Bony n’avait pas seulement promis un changement de majorité à Clermont-Ferrand. Le candidat de l’union de la droite et du centre avait également beaucoup insisté sur la manière dont il entendait exercer la fonction de maire : disponible, présent sur le terrain et concentré sur la ville.

Cinq mois plus tard, peut-on dire que cette promesse a réellement changé quelque chose ? La réponse dépend d’abord de ce que l’on met derrière l’expression « maire à temps plein ».

Pendant la campagne, une promesse très précise

Le 9 février 2026, Julien Bony avait lui-même détaillé cet engagement. Il promettait alors de ne pas cumuler les fonctions de maire de Clermont-Ferrand et de président de Clermont Auvergne Métropole.

« Être maire à temps plein, c’est pouvoir m’engager pleinement sur les priorités des Clermontoises et des Clermontois », écrivait-il, en associant cette disponibilité à une présence constante sur le terrain et aux côtés des agents municipaux. Il défendait alors une séparation claire entre la direction de Clermont-Ferrand et celle de la Métropole.

La proximité occupait déjà une place importante dans sa campagne. Son local du 28 bis avenue Julien était présenté comme un lieu de rencontres avec les habitants et Julien Bony avait annoncé : « Je serai présent tous les samedis matin pour vous accueillir. » Des rencontres citoyennes par quartier avaient également été organisées pour recueillir préoccupations et propositions des Clermontois.

Il faut cependant préciser qu'un « maire à temps plein » n'est pas une catégorie juridique particulière. Le maire exerce un mandat électif et perçoit une indemnité de fonction, qui n'a juridiquement pas la nature d'un salaire. L'expression relève donc surtout d'un engagement politique sur la disponibilité et la priorité donnée au mandat.

Depuis mars, une présence visible sur plusieurs dossiers

Depuis son arrivée à l'Hôtel de Ville, Julien Bony apparaît régulièrement dans la conduite directe de dossiers municipaux.

Début mai, il participait par exemple avec la préfète du Puy-de-Dôme Anne Frackowiak-Jacobs à une opération de contrôle menée en soirée dans des épiceries de nuit du centre-ville, notamment dans les secteurs de Fontgiève, Gaillard et de la gare. Ce type de déplacement correspond assez directement à l'image de présence sur le terrain défendue pendant la campagne.

En juin, le maire a personnellement porté plusieurs décisions liées à la sécurité, avant d'activer avec les services municipaux différentes mesures lors de l'épisode de canicule rouge : plan communal de sauvegarde, dispositifs spécifiques dans les Ehpad et les crèches ou encore adaptation du fonctionnement des écoles.

La fonction passe aussi par des négociations moins visibles. En juillet, les échanges entre la Ville, Julien Bony, son adjoint aux sports Thomas Lorblanchet et le Volley-Ball Club Chamalières ont notamment permis de trouver une solution pour maintenir les Panthères à la Maison des Sports la saison prochaine.

Début juillet, à l'occasion de ses 100 premiers jours, Julien Bony mettait lui-même en avant le rétablissement de l'éclairage public nocturne, la sécurité et les premiers travaux prévus dans les écoles pour défendre le bilan de son début de mandat. L'opposition municipale en donnait, sans surprise, une lecture nettement plus critique.

Ces exemples montrent un maire impliqué dans plusieurs dossiers opérationnels. Ils ne permettent cependant pas de transformer la promesse de « temps plein » en nombre d'heures passées sur le terrain ou avec les habitants.

Des permanences beaucoup moins faciles à mesurer après l'élection

C'est probablement le point le plus difficile à évaluer.

Pendant la campagne, le fonctionnement était particulièrement lisible : une permanence électorale avec des horaires affichés, un rendez-vous annoncé chaque samedi matin avec le candidat et des rencontres organisées dans les quartiers.

Depuis l'élection, les informations publiques permettent de retrouver des déplacements, réunions ou décisions de Julien Bony, mais pas de reconstituer un agenda exhaustif permettant de savoir quelle part de ses semaines est consacrée aux habitants, aux services municipaux, aux associations, aux entreprises ou aux représentations institutionnelles.

Surtout, les sources publiques consultées ne permettent pas d'identifier un rendez-vous hebdomadaire avec les habitants aussi clairement annoncé que la permanence du samedi matin pendant la campagne. Cela ne signifie pas que le maire ne reçoit plus de Clermontois ou ne participe pas à des rencontres de proximité : simplement, la fréquence et l'organisation de ces échanges ne peuvent pas être établies de manière fiable à partir des informations publiques disponibles.

Pour juger la promesse initiale sur ce terrain précis, la publication d'un calendrier régulier de permanences ou de rencontres de quartier fournirait donc un indicateur beaucoup plus concret que la seule succession des apparitions publiques.

La Métropole a sérieusement compliqué la promesse de départ

C'est surtout du côté de Clermont Auvergne Métropole que l'engagement de campagne a rencontré sa première difficulté.

Julien Bony avait été particulièrement clair : il ne voulait pas cumuler la mairie de Clermont-Ferrand et la présidence de la Métropole. Pourtant, quelques semaines seulement après son élection, il a finalement décidé de se présenter à la présidence de l'intercommunalité. Un revirement relevé publiquement dès avril.

Le 24 avril, Hervé Prononce, maire du Cendre, a finalement remporté la présidence avec 48 voix, contre 31 pour Julien Bony et 3 pour Marianne Maximi. Julien Bony a ensuite été élu premier vice-président de Clermont Auvergne Métropole.

Il possède désormais une délégation métropolitaine à la tranquillité publique et à la sécurité. Il ne cumule donc pas les fonctions de maire et de président de la Métropole, combinaison qu'il dénonçait pendant la campagne, mais il exerce bien une deuxième responsabilité exécutive importante au sein de l'intercommunalité.

La nuance est importante : beaucoup de décisions qui concernent directement Clermont-Ferrand — transports, aménagement, équipements, développement économique ou sécurité — se jouent aussi à l'échelle métropolitaine. Être présent dans son exécutif peut donc servir les intérêts de la ville-centre. Mais cela rend plus difficile une lecture littérale du slogan d'un maire qui se consacrerait exclusivement à la mairie.

À cela s'ajoutent les responsabilités institutionnelles liées à la fonction. Depuis le 25 juin, Julien Bony préside par exemple le conseil de surveillance du CHU de Clermont-Ferrand. Là encore, il ne s'agit pas d'une activité professionnelle parallèle, mais d'une responsabilité supplémentaire dans l'agenda du maire.

Alors, qu'est-ce que le « maire à temps plein » change vraiment ?

Près de cinq mois après l'élection, il serait excessif d'affirmer que la promesse n'a eu aucune traduction. Julien Bony est régulièrement associé aux principaux dossiers du début de mandat, participe à des opérations sur le terrain et intervient directement dans plusieurs décisions concernant la sécurité, les services municipaux ou les équipements de la ville.

Mais il serait tout aussi difficile de certifier, sur la seule base des informations disponibles, qu'il exerce sa fonction selon le modèle précis vendu pendant la campagne.

Le principal changement observable concerne davantage la méthode politique affichée que le volume horaire du maire : volonté d'incarner personnellement plusieurs dossiers, déplacements aux côtés des services, décisions rapides sur certains engagements de campagne et présence dans les négociations avec différents acteurs locaux.

En revanche, la promesse de proximité pourra être évaluée beaucoup plus concrètement si des permanences régulières, des rencontres dans les quartiers ou un agenda public permettent aux Clermontois de savoir quand et comment rencontrer leur maire. Et son rôle de premier vice-président de Clermont Auvergne Métropole restera forcément un point de comparaison avec l'engagement formulé en février : celui d'un maire « entièrement au service de Clermont-Ferrand ».