Un message consulté, un appel décroché ou quelques secondes passées avec le téléphone en main peuvent désormais avoir des conséquences beaucoup plus lourdes pour les automobilistes du Puy-de-Dôme.
Depuis le 1er septembre 2026, la préfecture a décidé de durcir sa réponse à l’usage du téléphone au volant. La préfète du Puy-de-Dôme, Anne Frackowiak-Jacobs, avait annoncé pendant l’été son intention de recourir à la suspension administrative du permis lorsqu’un conducteur est verbalisé pour avoir utilisé son téléphone tenu en main, sans attendre nécessairement qu’une deuxième infraction soit constatée.
Pour un conducteur circulant à Clermont-Ferrand, sur les routes de la métropole ou ailleurs dans le département, le risque ne se limite donc plus à perdre quelques points.
135 euros et trois points : ces sanctions ne changent pas
La règle nationale reste la même : l’usage d’un téléphone tenu en main par un conducteur d’un véhicule en circulation est interdit.
L’infraction constitue une contravention de quatrième classe. Elle entraîne une amende forfaitaire de 135 euros et le retrait automatique de trois points sur le permis de conduire. Le Code de la route interdit également au conducteur de porter à l’oreille un dispositif susceptible d’émettre du son, comme des écouteurs ou un casque audio, sauf exceptions prévues par les textes.
Le Code prévoyait déjà depuis plusieurs années la possibilité d’une suspension judiciaire du permis pouvant atteindre trois ans pour l’usage du téléphone au volant. La nouveauté annoncée dans le Puy-de-Dôme ne correspond donc pas à la création d’une nouvelle infraction nationale au 1er septembre.
Ce qui change localement, c’est la réponse administrative choisie par la préfecture.
Ce qui change réellement dans le Puy-de-Dôme
Jusqu’à présent, le cas le plus connu de suspension administrative liée au téléphone concernait le conducteur qui cumulait son usage avec une autre infraction.
Le Code de la route prévoit notamment la rétention du permis lorsqu’un conducteur utilise son téléphone tenu en main tout en commettant simultanément certaines infractions, par exemple concernant la vitesse, les feux, les règles de priorité, les dépassements ou le franchissement de certaines lignes.
Dans le Puy-de-Dôme, la préfecture entend désormais aller plus loin dans l’utilisation des pouvoirs dont elle dispose. L’article L224-7 du Code de la route autorise en effet le préfet, lorsqu’il reçoit un procès-verbal constatant une infraction pour laquelle une suspension du permis est prévue, à prononcer provisoirement un avertissement ou une suspension administrative. Or l’usage du téléphone tenu en main fait précisément partie des infractions pour lesquelles une suspension complémentaire est prévue.
La durée de cette suspension administrative peut aller jusqu’à six mois dans le cadre prévu par l’article L224-7.
Roole Média indique que, dans le Puy-de-Dôme, les suspensions appliquées pour téléphone au volant pourraient aller de quinze jours à plusieurs mois, en fonction de la situation et des antécédents du conducteur.
Le permis est-il vraiment retiré « sur-le-champ » ?
C’est là qu’une précision est nécessaire.
Plusieurs publications ont résumé la mesure en indiquant que le permis pourrait désormais être « retiré sur-le-champ » pour un simple téléphone tenu en main. Juridiquement, rétention immédiate et suspension administrative ne sont pourtant pas exactement la même chose.
La rétention correspond au moment où policiers ou gendarmes prennent physiquement le permis lors du contrôle. Le Code de la route prévoit explicitement cette procédure pour le téléphone lorsqu’il est utilisé en même temps qu’une autre infraction figurant dans une liste définie, ou dans certaines circonstances liées à un accident corporel.
La suspension administrative peut, elle, intervenir ensuite sur décision du préfet à partir du procès-verbal. C’est cette possibilité que la préfecture du Puy-de-Dôme entend utiliser plus fermement pour le téléphone seul.
Pour un automobiliste, le résultat pratique peut néanmoins être le même : l’interdiction temporaire de conduire, alors qu’il n’a commis ni excès de vitesse ni franchissement de feu rouge en parallèle.
La mesure concerne tout le Puy-de-Dôme
Il ne s’agit pas d’une règle propre à Clermont-Ferrand. La politique annoncée s’applique à l’échelle départementale : Clermont, Cournon-d’Auvergne, Riom, Issoire, Thiers ou les axes ruraux sont donc concernés de la même manière.
La préfecture avait annoncé durant l’été vouloir renforcer les contrôles sur les routes du département, avec une attention particulière portée aux comportements considérés comme particulièrement dangereux, dont l’usage du téléphone au volant.
Le contexte est celui d’une politique de sécurité routière plus offensive. La préfecture publie régulièrement des bilans départementaux d’accidentalité et finance chaque année des actions de prévention dans le cadre du Plan départemental d’actions de sécurité routière.
Téléphone posé sur un support : qu’est-ce qui est interdit ?
Le durcissement annoncé vise avant tout le téléphone tenu en main pendant la conduite.
Il n’est donc pas interdit, par principe, d’avoir son smartphone installé sur un support pour l’utiliser comme GPS. Mais le conducteur doit rester en mesure d’effectuer toutes les manœuvres qui lui incombent et de conserver son attention sur la circulation. Prendre son téléphone en main pour modifier un itinéraire, lire un message ou répondre à une notification fait immédiatement entrer dans le champ de l’interdiction.
Même logique pour un véhicule immobilisé temporairement dans la circulation, par exemple à un feu rouge : le conducteur reste au volant d’un véhicule en circulation et l’interdiction du téléphone tenu en main continue de s’appliquer.
Dans le Puy-de-Dôme, le changement de rentrée est donc surtout à retenir de cette manière : 135 euros et trois points restent la sanction de base, mais le téléphone seul peut désormais également conduire à une suspension administrative du permis. Pour les automobilistes qui avaient encore pris l’habitude de jeter un œil à leur écran pendant leurs trajets, le risque vient clairement de changer d’échelle.

