À Lapeyrouse, Saint-Ours-les-Roches et Issoire, trois projets récemment visités par le Conseil départemental donnent un aperçu très concret des travaux engagés dans les écoles du Puy-de-Dôme. L’enjeu ne consiste plus seulement à réduire les factures d’énergie en hiver : les collectivités cherchent désormais aussi à maintenir des températures supportables dans les classes et les cours lorsque les épisodes de chaleur se prolongent.
La question concerne directement les familles de l’agglomération clermontoise. À Clermont-Ferrand, l’épisode de canicule rouge de juin avait déjà conduit la municipalité à adapter le fonctionnement des écoles et de plusieurs services accueillant des publics fragiles. La réponse de long terme passe cependant par les bâtiments eux-mêmes : leur isolation, leurs matériaux, leurs abords et leur capacité à conserver de la fraîcheur.
À Lapeyrouse, l’isolation pour diviser les besoins énergétiques
À Lapeyrouse, dans le nord-ouest du département, la commune vient d’achever une rénovation globale de son école. Le chantier s’est déroulé de juillet 2025 à juin 2026 et concernait notamment l’isolation intérieure, la toiture et l’étanchéité à l’air des plafonds et des doublages.
L’objectif annoncé est important : plus de 50 % de gain énergétique et une réduction d’environ 57 % des émissions de gaz à effet de serre. La cour a également été réaménagée avec des espaces végétalisés, du mobilier et des jeux. Le coût total de l’opération atteint 617 563 euros. Le Département a apporté 112 408 euros via le Fonds des Initiatives Communales (FIC), auxquels s’ajoute un accompagnement de 33 879 euros dans le cadre du dispositif SCOLAEé consacré à la rénovation énergétique des écoles.
Ce type de rénovation illustre l’une des principales pistes d’adaptation au réchauffement climatique : agir d’abord sur l’enveloppe du bâtiment. Une meilleure isolation et une meilleure maîtrise des entrées d’air limitent les besoins de chauffage en hiver, mais peuvent également contribuer au confort d’été lorsqu’elles sont associées à une conception adaptée.
À Saint-Ours-les-Roches, près de 1 800 m² de cour végétalisée
À Saint-Ours-les-Roches, le changement se voit surtout à l’extérieur. La commune a transformé 1 795 m² de cour d’école dans le cadre d’un projet livré pour la rentrée 2026.
L’aménagement associe végétation, mobilier et espaces éducatifs extérieurs. Il vise également à désimperméabiliser les sols et à créer davantage de zones ombragées. Le projet a été conçu avec les élèves, les enseignants, les agents communaux ainsi que les personnels périscolaires et techniques.
Le coût atteint 202 263 euros, dont 57 484 euros apportés par le Département au titre du FIC. Derrière la végétalisation, l’enjeu est directement lié aux épisodes de chaleur : remplacer une partie des surfaces minérales par des sols perméables et de la végétation permet de réduire l’accumulation de chaleur dans les cours et d’offrir davantage d’ombre aux enfants.
À Issoire, géothermie, panneaux solaires et récupération d’eau
Le groupe scolaire Les Volcans, à Issoire, pousse la logique plus loin. Ouvert après le regroupement des anciennes écoles Barrière, Murat et Bizaleix, l’établissement a représenté un investissement total de 12,5 millions d’euros, soutenu à hauteur de 455 000 euros par le Conseil départemental.
Le bâtiment s’appuie notamment sur la géothermie et des panneaux photovoltaïques. Selon les données communiquées après sa première année de fonctionnement, les dépenses liées au chauffage ont baissé d’environ 77 %. Lors des épisodes caniculaires de l’été 2026, la température maximale observée dans le bâtiment aurait atteint 27 °C, avec un objectif annoncé de 26 °C pour l’été suivant.
La gestion de l’eau fait également partie du projet. Bertrand Barraud, maire d’Issoire et président d’Agglo Pays d’Issoire, indique que les récupérateurs d’eau ont permis de réduire d’environ un quart la consommation. Il estime à environ 50 000 euros par an les économies réalisées grâce aux performances du bâtiment.
Jusqu’à 40 % d’aide pour les petites communes
Ces opérations restent d’abord de la responsabilité des communes, puisque les écoles maternelles et élémentaires sont des équipements communaux. Le Département intervient comme financeur et appui technique.
Depuis 2021, 11,5 millions d’euros de subventions du Fonds des Initiatives Communales ont été attribués à des projets scolaires, selon les chiffres communiqués par le Conseil départemental. Tous types de projets confondus, le FIC représente 60 millions d’euros depuis 2021.
Pour la programmation 2023-2026, le dispositif concerne toutes les communes du Puy-de-Dôme à l’exception de Clermont-Ferrand. Le taux maximal d’intervention est fixé à 40 % des dépenses éligibles pour les communes de moins de 2 000 habitants et à 20 % pour les communes plus importantes, avec des plafonds variables selon leur population. Un bonus « énergie » peut en outre représenter 15 % des lots concernés lorsqu’une rénovation permet de justifier au moins 30 % de gain énergétique.
Clermont-Ferrand n’est donc pas bénéficiaire de ce fonds communal, même si la ville a notamment figuré parmi les collectivités retenues dans le programme SCOLAEé lancé avec l’Aduhme pour accompagner la rénovation énergétique de vingt écoles du département.
L’adaptation des écoles à la chaleur prend ainsi plusieurs formes dans le Puy-de-Dôme : mieux isoler les bâtiments, produire une partie de leur énergie, limiter les surfaces imperméables, planter et créer de l’ombre, mais aussi réduire les consommations d’eau. Les trois projets présentés cette rentrée montrent surtout que le « confort d’été » devient progressivement un critère à part entière dans la rénovation des équipements scolaires.

