Quelques lettres suffisent pour comprendre que la nouvelle exposition de Franck Bathier n’a rien d’anodin. M A G A signifie ici « Make Art Great Again », soit « Rendons à l’art sa grandeur ». Une référence évidente au « Make America Great Again » popularisé par Donald Trump, mais détournée par l’artiste clermontois pour en faire à la fois une satire politique et une réflexion sur le rôle de l’art face au flux permanent d’informations.
L’exposition a ouvert mardi 1er septembre à la galerie Entrez Libres, 11 bis rue Pascal, à quelques minutes à pied de la place de la Victoire et de la cathédrale. Les agendas touristiques officiels annoncent une programmation jusqu’au 31 octobre 2026 et l’accès est gratuit.
« MAGA », mais certainement pas comme un slogan de campagne
Le titre est volontairement provocateur. Franck Bathier utilise les codes d’un slogan politique mondialement identifiable pour les retourner contre eux-mêmes. Dans le texte accompagnant l’exposition, l’artiste explique vouloir prendre de la distance avec une actualité politique, médiatique, technologique et écologique qui alimente les inquiétudes et les peurs.
L’exposition ne se limite donc pas à Donald Trump ou à la politique américaine. Le détournement de « MAGA » sert plutôt de porte d’entrée à un projet plus large consacré à notre rapport à l’information, aux crises contemporaines et à la manière dont elles envahissent le quotidien.
Il y a aussi une part d’autodérision. En transformant « Make America Great Again » en « Make Art Great Again », Franck Bathier joue avec l’image parfois prêtée aux artistes et à leur ego. L’objectif annoncé reste pourtant accessible : permettre aussi bien aux amateurs d’art qu’aux visiteurs moins habitués aux galeries de ralentir quelques instants face au déferlement de l’actualité.
Peintures, gravures et sculptures vont évoluer pendant l’exposition
« M A G A – Partie 1 » ne doit pas rester figée pendant deux mois. Franck Bathier prévoit de présenter des dessins, gravures, peintures acryliques, aquarelles et sculptures, avec une particularité : une partie des œuvres doit évoluer environ tous les quinze jours en fonction de l’actualité, mais aussi des envies et des humeurs de l’artiste.
Un visiteur venu début septembre pourrait donc ne pas voir exactement la même exposition qu’une personne poussant la porte de la galerie quelques semaines plus tard. Ce principe colle à l’idée générale du projet : réagir à un monde qui change en permanence plutôt que proposer un ensemble définitif d’œuvres conçu plusieurs mois auparavant.
Un vernissage en présence de Franck Bathier est annoncé vendredi 11 septembre à partir de 18 h 30, toujours à la galerie Entrez Libres.
La politique n’est pas nouvelle dans le travail de Franck Bathier
Cette exposition s’inscrit dans une démarche que l’artiste clermontois a déjà explorée. En 2022, son exposition « Résurgences 24022022 » faisait directement référence à la date du début de l’invasion russe à grande échelle de l’Ukraine et abordait la guerre à travers une série de peintures. Une partie des ventes était alors reversée à une association venant en aide à la population ukrainienne et aux réfugiés.
En 2025, il avait déjà investi la galerie Entrez Libres avec « C’était mieux avant », mêlant peinture, linogravure et sculpture. Le lieu est donc familier à l'artiste, installé cette fois pour un projet qui revendique encore plus directement son rapport à l’actualité.
Une sortie gratuite à quelques pas de l’hypercentre
Pour les Clermontois, l’intérêt est aussi pratique. Entrez Libres se trouve 11 bis rue Pascal, dans le centre historique, et l’exposition est annoncée en accès gratuit. Pommes de lune la référence également comme accessible aux personnes à mobilité réduite ainsi qu’aux publics présentant certains handicaps sensoriels ou cognitifs.
Un point reste toutefois à surveiller pour les visiteurs souhaitant attendre la toute fin de l’exposition. Les agendas de Clermont Auvergne Volcans et du tourisme départemental indiquent une fin au 31 octobre, tandis que le texte détaillé de présentation relayé par Pommes de lune mentionne le 21 octobre. Mieux vaudra donc vérifier la date auprès de la galerie avant un déplacement prévu durant les derniers jours d’octobre.
Avec « M A G A – Partie 1 », Franck Bathier propose en tout cas une exposition qui assume de ne pas séparer création artistique et actualité. Et le mot « Partie 1 » laisse déjà entendre que ce premier rendez-vous ne devrait pas refermer le sujet.

