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ASM : préparer l’après-Urios sans mettre la saison en attente

L’ASM Clermont Auvergne a officialisé, mercredi 7 octobre, la nomination de Joe El-Abd comme entraîneur principal pour la saison prochaine, avec une arrivée après la Coupe du monde 2027. Christophe Urios prendra la tête du projet OneASM. Cette succession annoncée longtemps à l’avance donne au club du temps pour préparer l’avenir, mais lui impose de clarifier comment il compte gérer le présent.

Maceo Ouitona8 octobre 2026
Crédit : ASM
Crédit : ASM

À Clermont, l’annonce d’un changement d’entraîneur ouvre généralement une discussion sur le jeu, les résultats et les ambitions. Celle-ci pose aussi une question de calendrier : comment continuer à avancer lorsque chacun connaît déjà le nom du prochain responsable sportif ?

Après la défaite 38-13 à La Rochelle, qui a prolongé les difficultés clermontoises à l’extérieur, l’ASM doit retrouver de la constance. L’annonce de mercredi engage son avenir. Elle ne règle aucune des difficultés que l’équipe rencontre aujourd’hui.

De juillet au Mondial 2027, une organisation à préciser

Le communiqué du club distingue deux échéances. Le staff sportif évoluera à partir de juillet 2027, tandis que Joe El-Abd arrivera après la Coupe du monde, organisée du 1er octobre au 13 novembre. Depuis ce 7 octobre 2026, l’horizon se situe donc dans un peu plus d’un an.

Ce décalage mérite une explication concrète. Qui conduira la préparation estivale et les premiers mois de la saison prochaine ? Comment les orientations du futur entraîneur seront-elles intégrées avant son arrivée ? L’ASM indique que les détails de sa nouvelle organisation seront construits dans les prochains mois. Ces réponses feront partie des éléments permettant de juger la cohérence du projet.

Anticiper peut être une force. Le recrutement, la composition d’un staff et les choix de formation gagnent à s’inscrire dans une direction connue. Encore faut-il que ce temps disponible serve à préparer des décisions, avec des responsabilités identifiées à chaque étape.

Urios doit pouvoir conduire pleinement la saison actuelle

Le premier enjeu concerne l’autorité de Christophe Urios. Un entraîneur dont la succession est annoncée doit continuer à choisir son équipe, fixer ses exigences et répondre des résultats. Pour que cela fonctionne, la direction doit soutenir clairement son rôle pendant la période où il demeure responsable du terrain.

Le risque d’une transition longue tient aux interprétations qu’elle peut susciter. Une décision difficile pourrait être évaluée en fonction de ce que souhaiterait le futur entraîneur. Un revers pourrait devenir l’occasion d’attendre son arrivée. Rien ne permet d’affirmer que ces comportements existent aujourd’hui à Clermont ; leur possibilité justifie cependant de poser des règles claires.

Les joueurs doivent savoir à qui ils rendent des comptes. Les entraîneurs doivent connaître leur marge de décision. La préparation de 2027 ne peut pas affaiblir les exigences de la saison en cours.

OneASM devra avoir un périmètre lisible

Christophe Urios restera au club dans une fonction stratégique à la tête de OneASM, consacrée au développement à moyen et long terme, à la succession et aux relations entre les différentes composantes du projet. Conserver son expérience peut faciliter la transmission. Cela demande aussi de préciser où s’arrêtera son intervention dans le travail du nouvel entraîneur.

Les questions sont très concrètes : qui proposera les recrues ? Qui arbitrera les désaccords sportifs ? Quelle autonomie Joe El-Abd aura-t-il pour composer son staff et faire évoluer le jeu ? Une bonne entente entre deux hommes constitue un point d’appui. Elle ne dispense pas de définir leurs responsabilités.

La réussite de cette organisation dépendra notamment de sa capacité à préserver une décision claire. Si chacun peut intervenir sans que l’on sache qui tranche, les difficultés du terrain risquent de devenir aussi des difficultés de fonctionnement.

La constance reste le premier chantier de Clermont

Pour les supporters du stade Marcel-Michelin, le changement annoncé prendra son sens à travers les performances. Le contraste entre la solidité à domicile et les fragilités en déplacement demeure le problème immédiat. Il concerne la défense, la continuité dans l’effort et la capacité à rester compétitif lorsque le match se complique.

La réception de Bordeaux-Bègles, samedi 10 octobre au Michelin, fournira une première occasion de réagir. Elle ne permettra évidemment pas de valider une succession prévue pour 2027, mais elle rappellera ce qui doit continuer à guider les prochains mois : faire progresser l’équipe actuelle.

L’ASM a choisi de rendre son avenir visible. Elle doit désormais rendre la transition compréhensible, fixer ses étapes et maintenir des objectifs sportifs exigeants. Joe El-Abd gagnerait à recevoir une équipe qui a continué de progresser jusqu’à son arrivée.