Une journée pour faire le point sur sa santé gynécologique sans devoir attendre plusieurs semaines un rendez-vous. Jeudi, les équipes de gynécologie du CHU de Clermont-Ferrand s’installeront dans le hall de l’hôpital Estaing, de 7 h à 17 h sans interruption, dans le cadre de Septembre Turquoise, le mois de sensibilisation aux cancers gynécologiques.
Le temps fort sera une session de dépistage du cancer du col de l’utérus. Le CHU annonce un parcours d’environ 15 minutes, accessible avec ou sans rendez-vous. L’inscription préalable reste toutefois vivement conseillée : les femmes se présentant directement pourront être accueillies, mais avec un temps d’attente potentiellement plus long.
Qui peut profiter du dépistage jeudi ?
Le CHU indique que le dépistage sera proposé aux femmes éligibles. En pratique, le programme national de dépistage du cancer du col de l’utérus concerne principalement les femmes âgées de 25 à 65 ans, sauf situations particulières nécessitant un suivi différent.
Entre 25 et 29 ans, le dépistage repose sur l’examen des cellules prélevées au niveau du col de l’utérus. Deux premiers examens sont recommandés à un an d’intervalle, puis un nouveau trois ans plus tard lorsque les résultats sont normaux. Entre 30 et 65 ans, le dépistage recherche principalement la présence d’un papillomavirus humain à haut risque, ou HPV-HR. Lorsque le résultat est négatif, ce test est ensuite renouvelé tous les cinq ans.
Cela signifie qu’avoir entre 25 et 65 ans ne suffit pas forcément à justifier un nouvel examen jeudi si le précédent dépistage est encore récent. À l’inverse, une femme qui n’a pas effectué son frottis dans les délais recommandés peut avoir tout intérêt à profiter de la journée. L’équipe médicale vérifiera la situation individuelle avant le prélèvement.
Certaines situations nécessitent par ailleurs un suivi spécifique plutôt qu’un dépistage classique : antécédent de lésion ou de cancer du col, hystérectomie totale, symptômes nécessitant un examen diagnostique ou certaines situations d’immunodépression.
Comment se déroule l’examen ?
Le principe est celui d’un frottis du col de l’utérus. Lors de l’examen gynécologique, quelques cellules sont prélevées superficiellement au niveau du col à l’aide d’une petite brosse avant d’être analysées.
Le prélèvement lui-même ne dure que quelques minutes. L’Assurance Maladie décrit le frottis comme un examen simple et indolore, même si une gêne peut évidemment être ressentie selon les personnes. Selon l’âge, l’analyse recherchera des anomalies dans les cellules ou la présence d’un HPV à haut risque.
L’intérêt est de repérer des anomalies avant l’apparition d’un cancer. Le cancer du col de l’utérus est en effet l’un des cancers pour lesquels la prévention repose à la fois sur la vaccination contre les papillomavirus et sur un dépistage régulier. Environ 3 000 nouveaux cancers du col sont encore diagnostiqués chaque année en France.
Sein, côlon, ovaire : la journée ne se limitera pas au frottis
Le rendez-vous de jeudi ne sera pas uniquement consacré au cancer du col.
Le Centre régional de coordination des dépistages des cancers Auvergne-Rhône-Alpes sera présent pour expliquer les trois programmes nationaux de dépistage organisé : cancer du sein, cancer colorectal et cancer du col de l’utérus. Les visiteurs pourront ainsi vérifier à quel dépistage ils sont éligibles et à quelle fréquence les examens doivent être effectués.
La Ligue contre le cancer du Puy-de-Dôme proposera également un atelier d’autopalpation à l’aide d’un buste. L’objectif est d’apprendre à mieux connaître sa poitrine et à repérer une éventuelle modification inhabituelle, sans présenter pour autant l’autopalpation comme un substitut au suivi médical ou à la mammographie lorsqu’elle est recommandée.
Les professionnels du CHU pourront aussi répondre aux questions concernant d’autres cancers gynécologiques, en particulier ceux de l’ovaire et de l’endomètre. Contrairement au cancer du col, ceux-ci ne bénéficient pas d’un programme national de dépistage systématique comparable. La connaissance des symptômes et le suivi gynécologique prennent donc une place importante.
L’exposition « Histoires de femmes » revient à Estaing
La prévention passera également par les témoignages.
Le CHU va réinstaller l’exposition photographique « Histoires de femmes », créée lors de Septembre Turquoise 2025. Elle rassemble des portraits et témoignages de femmes ayant été confrontées à un cancer gynécologique. Les photographies seront visibles sur les grilles du parking de l’hôpital Estaing.
L’an dernier, cette exposition avait notamment présenté neuf patientes âgées de 36 à 79 ans, atteintes ou en rémission d’un cancer de l’utérus, du col de l’utérus ou des ovaires. Cette année, le CHU souhaite de nouveau utiliser leurs parcours pour rappeler qu’un suivi reste nécessaire, y compris après la ménopause.
Alexia Faure, Miss Puy-de-Dôme 2026, participera également à l’opération jeudi matin pour relayer les messages de prévention auprès du public.
Où et quand se rendre au CHU ?
La journée aura lieu jeudi 10 septembre de 7 h à 17 h sans interruption, dans le hall de l’hôpital Estaing, 1 place Lucie-et-Raymond-Aubrac à Clermont-Ferrand.
Il sera possible de venir sans rendez-vous pour le dépistage, mais le CHU recommande de s’inscrire au préalable afin de limiter l’attente. Les personnes qui ne sont pas éligibles à un nouveau frottis peuvent tout de même venir rencontrer les équipes et participer aux actions d’information et de prévention.
Le CHU ne précisant pas, dans les informations officielles consultées, les modalités tarifaires spécifiques du prélèvement organisé jeudi, mieux vaut ne pas présenter le dépistage comme « gratuit » sans confirmation. En revanche, l’accès à la journée de sensibilisation et aux différents stands est ouvert au public.

