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Grève du 29 septembre à Clermont : pourquoi les pompiers réclament plus de moyens ?

Mobilisés depuis le 8 septembre, les pompiers du Puy-de-Dôme avaient appelé les habitants à rejoindre la journée nationale de mobilisation de la fonction publique, ce mardi 29 septembre 2026. Recrutements, financement des secours et protection des personnels sont au cœur de leurs demandes, dans un mouvement dont le préavis court jusqu’au 20 octobre.

La rédaction30 septembre 2026
Grève du 29 septembre à Clermont : pourquoi les pompiers réclament plus de moyens ?

Environ 2 600 personnes ont manifesté à Clermont-Ferrand au plus fort de la mobilisation, selon un bilan de la préfecture du Puy-de-Dôme relayé par Radio RVA. Le rendez-vous syndical était fixé à 10 h, place du 1er-Mai, devant la caserne des pompiers. Ce décompte concerne l’ensemble du rassemblement, sans préciser le nombre de sapeurs-pompiers présents.

Pour ces derniers, le 29 septembre constituait une étape annoncée dès le lancement de leur mouvement. L’union départementale Force ouvrière avait également confirmé leur appel à rejoindre une mobilisation centrée sur les salaires, les conditions de travail et les moyens des services publics.

Un mouvement engagé depuis trois semaines dans le Puy-de-Dôme

Le 8 septembre, une cinquantaine de pompiers s’étaient rassemblés devant la caserne Turgot, à Clermont-Ferrand. Cette première mobilisation autour des moyens du SDIS avait pris la forme d’une distribution de tracts aux automobilistes, sous une banderole affichant « Méga feux, mini budget ».

Les représentants des personnels dénoncent une fatigue accumulée et des ressources qu’ils jugent insuffisantes pour assurer leurs missions dans de bonnes conditions. Ils alertent aussi sur le risque de voir se creuser les différences de moyens entre départements. Il s’agit d’une inquiétude portée par les syndicats, qui demandent des garanties durables pour l’organisation des secours.

Des recrutements et une meilleure protection des personnels

Le préavis national des services d’incendie et de secours détaille plusieurs demandes concrètes. L’intersyndicale réclame davantage de recrutements de sapeurs-pompiers professionnels et un financement adapté aux missions. Elle souhaite également recentrer le secours et les soins d’urgence aux personnes sur les interventions relevant effectivement de l’urgence.

La santé au travail occupe une autre place importante : reconnaissance de l’exposition aux substances toxiques et cancérogènes, prise en compte de l’usure physique et psychique, négociations sur les fins de carrière et les retraites. Les personnels administratifs, techniques et spécialisés figurent eux aussi dans les revendications.

Pour les habitants, ces demandes concernent les conditions dans lesquelles les équipes peuvent intervenir et rester disponibles. Elles dépassent donc la seule question des rémunérations individuelles.

Le financement du SDIS, un enjeu départemental et national

Dans le Puy-de-Dôme, le financement du SDIS est au cœur du conflit. Le Service départemental d’incendie et de secours bénéficie notamment des contributions du Département, des communes et des intercommunalités.

Selon la communication officielle du SDIS 63 après son conseil d’administration du 8 avril, le budget 2026 prévoit une participation départementale d’environ 45 millions d’euros en fonctionnement et 2 millions d’euros en investissement. Ces montants correspondent à la contribution du Département, et non au budget total de l’établissement.

Les syndicats cherchent parallèlement des engagements nationaux. Leur préavis vise explicitement la loi de modernisation de la sécurité civile et les discussions sur le budget de l’État pour 2027. Leur demande porte ainsi sur la pérennité des ressources, au-delà des arbitrages annuels locaux.

Des revendications communes avec les autres agents publics

La journée du 29 septembre était appelée par huit organisations : CFDT, CFE-CGC, CGT, FA-FP, FO, FSU, Solidaires et UNSA. Elles réclament notamment une revalorisation du point d’indice, qui sert au calcul des traitements, une révision des grilles de rémunération et davantage d’égalité salariale entre les femmes et les hommes.

Les difficultés de recrutement, l’attractivité des métiers et les conditions de travail rapprochent ces demandes de celles des pompiers. Dans son appel local, FO 63 associait ainsi la défense des salaires à celle des moyens nécessaires aux missions des agents.

Les secours restent assurés pendant le mouvement

Le maintien des interventions d’urgence a été annoncé dès le début de la mobilisation dans le Puy-de-Dôme. Les formes d’action présentées comprennent notamment des messages sur les véhicules, des badges sur les uniformes et des distributions de tracts.

Le préavis national couvre chaque journée jusqu’au 20 octobre 2026 inclus. Cette échéance encadre les possibilités de mobilisation ; elle ne signifie ni que chaque agent cesse continuellement le travail, ni qu’un accord sera nécessairement trouvé à cette date.