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GCK repris en partie, Charade en attente : la mobilité décarbonée à l’épreuve à Clermont

Les reprises d’activités de GCK préservent une partie des emplois et des compétences industrielles du groupe auvergnat. Mais l’avenir de l’exploitation du circuit de Charade reste suspendu à une décision judiciaire attendue le 15 octobre 2026. Cette crise pose une question concrète pour le bassin clermontois : comment transformer les innovations du transport décarboné en activités économiquement durables ?

La rédaction30 septembre 2026
Crédit : Site officiel Charade
Crédit : Site officiel Charade

À quelques jours du Sommet des mobilités territoriales durables organisé au Polydôme, le dossier GCK rappelle les difficultés du passage à l’échelle industrielle. Concevoir des batteries, convertir des véhicules ou développer des motorisations à hydrogène exige des investissements, puis suffisamment de commandes pour les financer.

Le bilan est toutefois plus nuancé qu’une disparition générale des activités. Les cessions décidées cet été permettent à plusieurs métiers de poursuivre leur développement, tandis que Charade suit encore une procédure distincte.

Des activités reprises, mais une sauvegarde partielle de l’emploi

Le 26 août, le tribunal de commerce de Clermont-Ferrand a arrêté des plans de cession concernant plusieurs sociétés de GCK, après leur placement en redressement judiciaire au printemps. Aminvest, véhicule d’investissement de la famille Mulliez déjà présent au capital, reprend les activités de six entités : Green Corp Konnection, GCK Energy, GCK Battery, GCK Mobility, GCK EMI et Solution F.

GCK Performance fait l’objet d’une reprise séparée par un groupe de managers. Les bilans publiés à l’issue de ces opérations évoquent environ 140 emplois repris, sans préserver l’ensemble des postes du groupe.

Pour le Puy-de-Dôme, l’enjeu concerne des compétences implantées notamment à Cournon-d’Auvergne, Lempdes, Brassac-les-Mines et Issoire. Batteries, électronique, conversion de véhicules et ingénierie automobile constituent un patrimoine industriel que ces reprises permettent, au moins en partie, de conserver. La continuité des activités dépend désormais de leur organisation et de leurs débouchés sous les nouveaux repreneurs.

À Charade, trois offres et neuf salariés dans l’attente

À Saint-Genès-Champanelle, l’avenir de GCK Charade reste à trancher. Selon les informations publiées fin septembre par la presse locale, trois offres de reprise sont en lice et une décision du tribunal est attendue le 15 octobre. Neuf salariés sont concernés.

La procédure porte sur la société exploitante. Le circuit demeure la propriété du Département du Puy-de-Dôme, qui avait conclu un bail emphytéotique avec GCK. L’identité du futur exploitant et les engagements retenus ne peuvent donc pas être considérés comme acquis.

L’ambition initiale associait le patrimoine sportif de Charade à la recherche et aux essais sur les mobilités durables. La crise a déjà eu une conséquence visible pour le public : l’annulation du Charade Super Show prévu les 20 et 21 juin 2026, annoncée par le circuit en raison du redressement judiciaire.

Le rétrofit doit financer bien davantage qu’un changement de moteur

Le rétrofit consiste à transformer un véhicule thermique existant pour lui donner une motorisation électrique, alimentée par batterie ou par une pile à combustible à hydrogène. Il permet de conserver une partie du véhicule au lieu de le remplacer intégralement.

Dans son étude publiée en 2021, l’ADEME soulignait l’intérêt environnemental potentiel de cette approche, notamment pour certains véhicules lourds. Elle insistait aussi sur les conditions nécessaires à son développement : fiabilité technique, maîtrise des coûts et capacité à assurer la maintenance.

L’équation industrielle comporte ainsi plusieurs étapes coûteuses avant la livraison : études, adaptation au modèle de véhicule, essais et homologation. À cela s’ajoute le suivi pendant l’exploitation. Lorsque les séries restent limitées, ces dépenses doivent être réparties sur peu de véhicules.

Ces contraintes éclairent les difficultés du secteur. Elles ne permettent cependant pas, à elles seules, d’expliquer tous les déséquilibres financiers de GCK ni de conclure que chaque projet de rétrofit serait condamné.

L’hydrogène est déjà présent dans les transports clermontois

Dans la métropole, ces technologies ont déjà dépassé le stade des démonstrations. Lors de l’inauguration du dispositif à hydrogène du réseau T2C, le 26 juin 2025, le SMTC présentait une flotte de 14 véhicules, comprenant sept véhicules neufs Solaris et sept Iveco Crossway transformés par GCK Mobility.

Cette expérimentation concerne les déplacements entre Clermont-Ferrand, Lempdes et Pont-du-Château. Keolis assure l’exploitation et la maintenance dans le cadre d’un engagement de dix ans, avec un approvisionnement reposant sur la station HYmpulsion de Cournon-d’Auvergne.

Pour juger de l’intérêt de tels véhicules, il faut examiner leur disponibilité, leur consommation et leur coût sur la durée. L’hydrogène suppose également une chaîne de production et de distribution adaptée. Son bilan climatique dépend de la manière dont il est produit, tandis que son prix reste un élément déterminant de l’équilibre économique.

Une ambition qui se jouera sur plusieurs fronts

L’avenir industriel de GCK et celui de Charade comptent pour l’emploi local, mais la décarbonation des déplacements clermontois repose aussi sur l’organisation des transports. Le projet de SERM Clermont-Auvergne, articulant trains, cars et covoiturage, répond à une autre partie du problème : offrir des alternatives utilisables au quotidien.

Pour Charade, l’échéance du 15 octobre doit désormais permettre de connaître la suite donnée aux offres. Le projet retenu, les emplois maintenus et les moyens consacrés à l’exploitation permettront alors d’évaluer ce qu’il reste, concrètement, de l’ambition de faire du circuit un lieu de développement des mobilités durables.