La question ne concerne pas seulement les vitrines ou les caisses des commerces. Lors de la rencontre organisée le 2 février 2026 à Clermont School of Business par le MEDEF et la CPME du Puy-de-Dôme, la sécurité avait été placée parmi les quatre grands thèmes soumis aux candidats à la mairie de Clermont-Ferrand : les organisations patronales parlaient explicitement d’un environnement permettant de protéger les entreprises et leurs salariés. Plus de 200 chefs d’entreprise avaient participé à la soirée.
Quelques mois plus tard, le sujet n’a pas disparu avec la campagne. La CCI Puy-de-Dôme a alerté en juin sur une hausse des actes de délinquance visant les entreprises dans le département. Restaurants et bars sont notamment confrontés à des vols de stocks d’alcool, les buralistes à des cambriolages ciblant le tabac et les entreprises disposant de véhicules ou d’engins de chantier à une recrudescence des vols de carburant, particulièrement dans l’agglomération clermontoise.
À l’approche de la période commerciale la plus importante de l’année, que peut donc attendre concrètement un commerçant clermontois ?
Une police municipale présente sept jours sur sept, avec un renfort en soirée
Le premier changement est déjà effectif. Clermont-Ferrand dispose depuis 2026 d’une police municipale organisée sept jours sur sept. L’accueil téléphonique est assuré de 6 h 15 à 19 h 15 les lundis et mardis, jusqu’à 0 h 45 du mercredi au samedi, puis de 9 h 15 à 16 h 45 le dimanche.
Pour les commerces du centre-ville, la Brigade de soirée et de proximité constitue le dispositif le plus directement lié à leur activité. Présente sur le terrain du mercredi au samedi de 16 h 40 à 1 heure du matin, elle intervient notamment aux abords des établissements participant à la vie nocturne. La Ville inscrit parmi ses missions les prises de contact régulières avec les commerçants, la surveillance des biens et des personnes ainsi que la lutte contre les violences, nuisances et trafics.
Ce créneau est particulièrement important pour les restaurateurs, bars et commerces fermant tard, mais aussi pour leurs salariés. La sécurité d’une entreprise ne s’arrête en effet pas au moment où le dernier client quitte les lieux : elle concerne aussi les fermetures de caisse, les sorties du personnel et les trajets vers un parking, un arrêt de bus ou le domicile.
Depuis le 3 avril, l’éclairage public nocturne a également été rétabli sur l’ensemble de Clermont-Ferrand. La nouvelle municipalité avait présenté cette mesure comme l’une de ses premières réponses aux questions de sécurité et de tranquillité publique.
Seize policiers recherchés, mais seront-ils là avant Noël ?
Le « bouclier de sécurité » présenté début juin par Julien Bony prévoit une montée en puissance beaucoup plus importante de la police municipale. Le maire vise environ 150 policiers municipaux à terme, avec une centaine de recrutements supplémentaires au cours du mandat.
À court terme, la Ville recrute actuellement 16 policiers municipaux. L’offre officielle est ouverte jusqu’au 31 décembre 2026.
Cette date oblige toutefois à distinguer l’annonce de son effet dans les rues. Le recrutement de seize agents ne signifie pas que seize policiers supplémentaires seront nécessairement opérationnels pour les achats de novembre et décembre. Entre les candidatures, les recrutements effectifs, les éventuels délais administratifs et les prises de poste, le renforcement complet pourrait s’étaler au-delà des fêtes.
Même prudence concernant l’armement. La municipalité souhaite équiper les agents volontaires d’armes létales après formation. L’objectif communiqué en juin était une mise en œuvre avant la fin de 2026 ou au début de 2027. Il est donc encore impossible d’affirmer que ce changement sera effectif pendant toute la période de Noël.
Plus de 300 caméras surveillent déjà Clermont-Ferrand
La vidéoprotection est, elle, déjà largement déployée. La Ville annonce actuellement plus de 300 caméras réparties à Clermont-Ferrand et dans les zones d’activités économiques de la métropole.
Le Centre de supervision urbain fonctionne sept jours sur sept, de 9 heures à 1 heure du matin. Entre 1 heure et 9 heures, les images sont également transmises au commissariat de la Police nationale. Le dispositif peut notamment être utilisé pour protéger les biens et les personnes et fournir des enregistrements dans le cadre d’enquêtes judiciaires.
Le programme de Julien Bony prévoit d’aller plus loin, avec davantage de vidéoprotection, des bornes d’appel d’urgence et, à terme, un Centre de supervision urbain fonctionnant 24 heures sur 24. Ces équipements font partie du plan municipal, mais leur déploiement complet ne peut pas être présenté aujourd’hui comme acquis avant Noël.
Pour les commerçants, l’enjeu sera donc de savoir quelles zones bénéficieront en priorité des nouveaux équipements : hypercentre, rues commerçantes, abords des parkings, secteurs de la gare ou quartiers plus périphériques.
Un système d’alerte existe déjà pour les commerçants
Toutes les mesures ne dépendent pas de la mairie. La CCI Puy-de-Dôme propose avec les services de l’État, la Police nationale et la Gendarmerie le dispositif Alerte Commerces.
Le principe est simple : les professionnels adhérents reçoivent des SMS envoyés par les forces de l’ordre lorsqu’un fait avéré peut concerner d’autres établissements du territoire. Les alertes portent notamment sur les vols à main armée ou avec violence, les vols à l’étalage organisés et certaines escroqueries. Le service fonctionne sept jours sur sept pendant les heures habituelles d’ouverture des commerces.
L’abonnement coûte actuellement 10 euros hors taxes par an. La CCI indique également que les professionnels peuvent demander gratuitement une visite de sécurité réalisée avec les référents de la Police nationale ou de la Gendarmerie afin d’identifier les vulnérabilités de leur établissement.
Ces dispositifs peuvent être particulièrement utiles avant les fêtes, période où les magasins disposent souvent de davantage de marchandises et où certains commerces prolongent leurs horaires d’ouverture.
Le 14 octobre, un rendez-vous spécialement consacré à la sécurité des entreprises
Une échéance est déjà inscrite au calendrier avant Noël.
La CCI Puy-de-Dôme organise le mercredi 14 octobre 2026 à 18 h 30, dans ses locaux du 14 rue Jean-Claret à Clermont-Ferrand, une réunion consacrée spécifiquement à la sécurisation des entreprises. Une participation en visioconférence est également prévue.
La rencontre doit associer les acteurs locaux de la sécurité, les collectivités et les organisations professionnelles. Elle doit permettre de faire le point sur les risques rencontrés et sur les moyens de mieux protéger les activités économiques.
Quatre mois après l’arrivée de la nouvelle majorité, ce rendez-vous constituera surtout une occasion de poser des questions très concrètes : combien de nouveaux policiers auront effectivement pris leur poste ? Les horaires seront-ils encore renforcés en décembre ? Des patrouilles spécifiques viseront-elles les rues commerçantes ? Quelles zones recevront de nouvelles caméras ? Un dispositif particulier sera-t-il organisé autour des marchés et animations de Noël ?
Aucun plan spécifique pour les fêtes n’est encore annoncé
C’est, à ce stade, la principale inconnue.
Au 25 août, les informations publiques disponibles permettent d’identifier les mesures permanentes et les grands axes du « bouclier de sécurité », mais aucun dispositif municipal ou préfectoral spécifiquement consacré aux fêtes de fin d’année 2026 n’a encore été rendu public.
Cela ne signifie pas qu’il n’y en aura pas. L’an dernier, des mesures particulières avaient encore été prises à l’approche du Nouvel An, avec notamment des restrictions sur les artifices, les carburants transportés en récipient et certaines ventes d’alcool dans Clermont-Ferrand et plusieurs communes du Puy-de-Dôme.
Des restrictions concernant les épiceries de nuit et la vente d’alcool avaient également été prolongées jusqu’au 15 janvier 2026 dans les secteurs de la gare et de Fontgiève.
La période septembre-octobre sera donc décisive pour savoir si la mairie de Julien Bony, la préfecture et les organisations économiques préparent un dispositif supplémentaire destiné aux commerces avant les semaines de forte fréquentation de novembre et décembre.
Pour les professionnels, le véritable indicateur ne sera pas le nombre de mesures annoncées depuis mars, mais leur traduction pendant les heures où les magasins sont les plus exposés : présence visible des forces de l’ordre, capacité d’intervention rapide et sécurisation des salariés lorsqu’ils arrivent tôt ou quittent leur établissement tard.

