Des équipements pour produire les biomédicaments, des procédés pour fabriquer leurs principes actifs : c’est cette partie de l’industrie pharmaceutique que le gouvernement met en avant. Le programme communiqué par Bercy associe l’inauguration du nouveau centre de Verdot, sur le Biopôle Clermont-Limagne, à une visite du site Euroapi dans le Livradois-Forez.
Le choix de ces deux étapes permet de comprendre ce que recouvre la souveraineté sanitaire. Pour produire des médicaments, il faut aussi disposer des machines, des technologies et des substances nécessaires à leur fabrication.
À Saint-Beauzire, Verdot fabrique les outils de la bioproduction
Verdot annonce ce mardi l’ouverture de son nouveau siège et site industriel à Saint-Beauzire. L’installation rassemble la production, l’ingénierie, la recherche et développement ainsi que les équipes chargées des applications. Selon l’entreprise, elle doit permettre d’augmenter ses capacités de fabrication de 150 %.
Sa spécialité est la purification : ses équipements servent à séparer, concentrer et purifier des biomolécules utilisées notamment dans les vaccins, les anticorps et les thérapies géniques. Derrière ces termes techniques, une fonction essentielle : fournir aux industriels les outils permettant de préparer les composants de leurs traitements.
Dans sa présentation du nouveau site, Verdot précise que le projet a été retenu dans le programme « Industrialisation et capacités santé 2030 ». L’entreprise conçoit et fabrique en France pour des clients internationaux. Le soutien public porte ainsi sur un savoir-faire industriel dont l’utilité dépasse le marché français.
À Vertolaye, Euroapi intervient au cœur des médicaments
La seconde étape concerne les principes actifs, les substances responsables de l’action thérapeutique d’un médicament. À Vertolaye, Euroapi porte notamment deux programmes du projet européen Med4Cure, consacré à l’innovation pharmaceutique.
Le premier concerne les corticostéroïdes, avec le développement de procédés destinés à renforcer la production de molécules utilisées contre certaines maladies allergiques et immunitaires. Le second porte sur les nanocristaux : l’objectif est d’améliorer la disponibilité des molécules dans l’organisme et d’ouvrir de nouvelles applications thérapeutiques. Ces axes ont été détaillés lors du lancement des programmes d’Euroapi en octobre 2025.
La visite ministérielle s’inscrit donc dans un travail déjà engagé. Elle donne une visibilité politique à des projets dont les résultats dépendent encore du développement des procédés et de leur passage à l’échelle industrielle.
Jusqu’à 140 millions d’euros d’aides, pour plusieurs programmes
Le financement mérite une précision. Un accord signé en juillet 2025 entre l’État et Euroapi prévoit un soutien public pouvant atteindre 140 millions d’euros, dans le cadre de France 2030. Cette enveloppe concerne trois programmes, répartis entre Vertolaye et Saint-Aubin-lès-Elbeuf, en Seine-Maritime.
Le projet normand porte sur la relocalisation d’un intermédiaire nécessaire à la fabrication d’antibiotiques macrolides. Le montant annoncé ne correspond donc ni à une aide réservée au Puy-de-Dôme ni à une nouvelle décision prise ce mardi.
L’objectif européen est de développer des productions compétitives et de mieux couvrir les besoins en médicaments critiques aujourd’hui importés. Le cadre Med4Cure présenté par Euroapi prévoit notamment de cofinancer la recherche et les étapes de faisabilité industrielle. Il faudra ensuite apprécier les capacités effectivement mises en service et la contribution de ces projets à la sécurisation des approvisionnements.
Un enjeu de compétences et d’activité pour le territoire
Ces investissements prennent place dans un environnement local déjà structuré. Le Biopôle Clermont-Limagne accueille plus de 50 entreprises et organismes des sciences du vivant, répartis entre Saint-Beauzire, Riom et Clermont-Ferrand. Il propose des locaux, un accompagnement des projets et une mise en relation avec des partenaires.
À Clermont-Ferrand, d’autres lieux cherchent également à rapprocher les entreprises et les acteurs de l’innovation, comme le PIC de Cataroux, qui accueille des rencontres entre dirigeants locaux. Pour le territoire, l’intérêt de ces investissements se joue aussi dans les collaborations qu’ils peuvent susciter et les compétences qu’ils permettent de maintenir.
La formation constitue un autre point d’appui. L’ouverture d’une double licence chimie-sciences de la vie à l’Université Clermont Auvergne, tournée notamment vers la santé et les biotechnologies, illustre cette articulation possible entre enseignement et industrie. Les débouchés locaux dépendront toutefois des recrutements réellement engagés et des qualifications recherchées par les entreprises.

