Manque d’enseignants, classes surchargées, bâtiments parfois dégradés, pression de Parcoursup et inquiétude face à l’avenir : les raisons du malaise sont réelles. Le mouvement est d’ailleurs parti spontanément de lycées avant de s’étendre à travers le pays.
Mais une question politique s’impose désormais : qui cherche à transformer cette colère en force électorale ?
La France insoumise s’est rapidement engagée aux côtés du mouvement. Plusieurs de ses responsables se sont rendus auprès des lycéens et Jean-Luc Mélenchon, candidat déclaré à la présidentielle de 2027, a appelé ses troupes à les soutenir, avant d’insister ensuite sur la « non-violence ». L’enjeu électoral de la jeunesse est réel : LFI cherche notamment à mobiliser des 18-24 ans fortement abstentionnistes.
Soutenir une revendication est une chose. Entretenir l’ambiguïté face aux débordements en est une autre.
Car brûler, casser ou saccager n’apporte ni professeur supplémentaire, ni avenir professionnel, ni réponse à l’angoisse d’une génération. Le 1er octobre, 1 027 établissements ont connu des actions et 222 ont été bloqués ; incendies, dégradations et affrontements ont également été recensés.
La jeunesse a parfaitement le droit de contester, de manifester et, devenue majeure, de traduire ses convictions dans les urnes. Mais ceux qui prétendent l’accompagner portent aussi une responsabilité : celle de ne pas transformer une colère légitime en combustible politique.
Car derrière la question de la contestation s’en profile une autre : gouverner, c’est aussi rassembler, apaiser et assumer la responsabilité de l’ordre démocratique.
Ceux qui attisent la confrontation veulent-ils réellement gouverner ? La question, elle, mérite d’être posée.

