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Recruter, mais pour promettre quoi ?

Dans un forum de l’emploi, un métier se vend par l’indépendance et la stabilité. Mais où sont l’engagement, la responsabilité et le service public ? Derrière cette promesse séduisante, une profession dont les décisions engagent la vie d’autrui…

Marc-Alexis Roquejoffre6 novembre 2026
Crédits : Pexels Viktoria Danielova
Crédits : Pexels Viktoria Danielova

Lors d’un forum de l’emploi, mon attention s’est arrêtée sur un stand. La promesse, en substance : être indépendant, ne recevoir d’ordres de personne, ne pas être muté ou déplacé sans son accord. Une manière efficace d’attirer les regards. Mais quelle représentation du travail propose-t-on ainsi aux jeunes ?

Je comprends l’aspiration à l’autonomie. Je comprends aussi le besoin de stabilité. Ce qui m’interroge, c’est de les présenter comme les premiers arguments d’une vocation, sans évoquer ce qui oblige, ce qui relie, ce qui fait grandir.


L’indépendance ne dispense jamais de rendre des comptes. Elle demande même une conscience exigeante de ses responsabilités. Et préserver quelqu’un d’un déplacement imposé ne devrait pas conduire à présenter l’immobilité comme un idéal professionnel.

Une carrière de trente ou quarante ans se construit dans le collectif, la confrontation des points de vue, la formation et, parfois, la mobilité. Monter en compétence suppose d’accepter que ses pratiques soient interrogées.


À force de vendre des métiers par leurs seules protections, nous risquons d’en effacer le sens. Pourquoi ne pas parler d’engagement, d’exigence et de service ?

Cette accroche m’a d’autant plus surpris qu’elle concernait une profession dont les décisions engagent la vie d’autrui.

Celle de magistrat.