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Bus, vélo, marche : ce que Clermont veut changer dans nos déplacements

Du 16 au 22 septembre 2026, la Semaine européenne de la mobilité encourage les alternatives à la voiture individuelle. À Clermont-Ferrand et dans sa métropole, cette invitation intervient après la transformation du réseau T2C, une longue grève et plusieurs changements de circulation. Derrière les actions de sensibilisation, ce sont les moyens accordés aux transports et le partage de la rue qui détermineront l’évolution des habitudes.

La rédaction17 septembre 2026
Crédit : Shutterstock
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Marcher davantage, rejoindre les cours à vélo, prendre le bus pour aller travailler : la Semaine européenne de la mobilité invite à essayer d’autres façons de se déplacer. L’édition 2026 insiste sur l’accès aux transports pour toutes les générations, avec des besoins qui diffèrent selon l’âge, les revenus ou le lieu de résidence.

Dans l’agglomération clermontoise, cette ambition mobilise plusieurs acteurs. Le Syndicat mixte des transports en commun de l’agglomération clermontoise, le SMTC, organise et finance les services de mobilité sur un territoire de 23 communes. Les décisions d’aménagement et de circulation, prises avec les collectivités concernées, déterminent ensuite la place concrètement laissée aux bus, aux vélos et aux piétons.

Un défi pour encourager les déplacements des étudiants

Une initiative locale est déjà accessible : le Challenge de la mobilité durable du Crous Clermont Auvergne, organisé du 14 septembre au 16 octobre 2026. Étudiants et personnels du Crous peuvent y participer grâce à l’application gratuite VAZY. Les déplacements effectués à pied, à vélo, en transports collectifs ou en trottinette permettent de cumuler des points donnant accès à des offres chez des commerçants.

Les modalités d’inscription sont détaillées sur la page du challenge publiée par le Crous. L’opération dépasse donc le calendrier de la semaine européenne : elle cherche à encourager la répétition des trajets pendant plusieurs semaines. Son effet durable dépendra toutefois des habitudes conservées après le 16 octobre.

Cette rentrée marque aussi le retour de services réguliers. Depuis le 11 septembre, le bus de nuit gratuit C.BEN relie notamment le centre-ville, Saint-Jacques et les Cézeaux. Ouvert à tous, il offre une possibilité de retour après une soirée, mais son calendrier et son parcours limitent son utilisation pour les salariés travaillant à des horaires décalés.

T2C : une fréquentation en hausse et un fonctionnement à financer

Le changement le plus important reste celui du réseau réorganisé fin 2025 autour d’InspiRe. Selon le bilan présenté le 27 août par le SMTC et T2C, rapporté par Le Courrier des Entreprises, la fréquentation des bus a progressé de 22 % au premier semestre 2026 par rapport à la même période de 2025. La hausse atteint 76 % sur les lignes B et C.

Ces résultats indiquent que le réseau est davantage utilisé. Ils ne suffisent pas à mesurer une baisse équivalente des déplacements automobiles : les chiffres ne précisent pas quel moyen de transport les voyageurs utilisaient auparavant.

La question des moyens s’est imposée avec les neuf jours de grève de T2C, suspendue le 9 septembre. L’accord prévoit la prise en charge par le SMTC d’environ 1,5 million d’euros de surcoûts d’exploitation en 2026, notamment liés à l’utilisation de véhicules diesel en attendant les tram-bus. Le cadre budgétaire pour 2027 est porté à 92,5 millions d’euros, selon le communiqué de sortie de conflit.

L’enjeu politique dépasse ainsi l’achat de nouveaux véhicules. Il porte aussi sur les ressources nécessaires pour assurer les départs, entretenir les équipements et maintenir des conditions de travail compatibles avec la qualité du service.

À vélo et à pied, la continuité des parcours compte

Le SMTC et Clermont Auvergne Métropole affichent l’objectif de relier les communes, les pôles d’emploi et les établissements d’enseignement par des itinéraires cyclables continus. Des aménagements ont accompagné les lignes B et C, tandis que C.vélo propose 900 vélos mécaniques en libre-service en 2026. Le service couvre Clermont-Ferrand, Chamalières, Aubière, Beaumont, Cournon-d’Auvergne et Le Cendre.

La nature des équipements mérite cependant d’être regardée précisément. À Saint-Genès-Champanelle, le Département a aménagé l’un des trois nouveaux chaussidoux du Puy-de-Dôme. Sur cette chaussée partagée, les bandes latérales empruntées par les cyclistes restent accessibles aux véhicules lorsqu’ils se croisent. Elles n’offrent donc pas une séparation physique avec la circulation automobile.

Pour les habitants, ces différences influencent le choix d’un itinéraire. La continuité cyclable, les traversées piétonnes, l’accès aux arrêts et le stationnement des vélos sont autant de critères à examiner pour transformer un essai occasionnel en déplacement quotidien.

Rue de l’Oradou, deux objectifs à concilier

Le partage de l’espace public se discute déjà à Clermont-Ferrand. Depuis le 21 août, une grande partie de la rue de l’Oradou a été rouverte aux voitures dans les deux sens. Le secteur compris entre le boulevard Fleury et la rue de la Pradelle demeure réservé aux bus.

La municipalité de Julien Bony présente cette décision comme un rééquilibrage de la circulation après InspiRe. Des associations, dont Vélo-Cité 63, expriment leurs inquiétudes pour les cyclistes. La ligne C empruntant cet axe, la modification pose également la question de sa régularité.

L’évaluation devra donc porter sur plusieurs usages simultanément : temps de parcours des bus, circulation automobile, vitesses pratiquées et conditions de déplacement à pied ou à vélo. Ces observations permettraient de vérifier si les choix de voirie facilitent les alternatives promues cette semaine, jusque dans les trajets domicile-travail et les déplacements scolaires.